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L’ANDROÏDE MÉCANIQUE ALEXANDRE POUCHKINE DE FRANÇOIS JUNOD

 

(Texte dû à Ariane Maradan, en accord avec François Junod, extrait de la plaquette distribuée lors des présentations)

 

 

 

 

Une création révolutionnaire

 

Premier androïde au monde à se mouvoir de manière aléatoire, l’automate Pouchkine, achevé en 2010, est une véritable innovation. Celle-ci a exigé une recherche et un développement particulièrement pointus, qui ont débuté en 2003 déjà. En relevant cet extraordinaire défi technique, François Junod entre définitivement dans l’histoire.

 

Il s’agit d’un androïde traditionnel, écrivain et dessinateur. Assis à une table, sur un tabouret, le personnage écrit en langue anglaise et dessine sur une écritoire. Il a à sa disposition 24 mots, soit :

 

- 6 noms : sorrow, desire, wisdom, passion, despair, memory

- 6 adjectifs : beguiled, lover’s, aching, tender, dark, knight’s

- 6 verbes : kindles, whispers, beckons, lingers, withers, struggles

- 6 adverbes : Aroused by, Far from, Stirred by, ‘Neath the, Against, Beyond

 

Tous sont issus du vocabulaire poétique d’Alexandre Pouchkine. A chaque came correspondent deux mots, leur ordre, adverbe - nom - adjectif - adjectif - nom - verbe, étant réglé par la came de grammaire. C’est un système de roulette - qui n’est pas sans évoquer la mythique roulette russe - mécanisme purement aléatoire, qui désigne successivement, et donc au hasard, six mots qui seront associés librement de manière à former un court poème. Il existe 1458 combinaisons poétiques différentes respectant certaines règles d’harmonie établies par le commanditaire de l’androïde.

 

Quelques exemples :

 

Far from wisdom

knight’s aching desire kindles

 

Stirred by memory

aching lover’s despair lingers

 

Beyond sorrow

tender dark passion beckons

 

Against passion

dark tender despair struggles

 

 

‘Neath the despair

tender dark desire withers

 

Aroused by desire

beguiled lover’s sorrow whispers

 

S’apparentant à l’art des haïkus, poèmes classiques japonais, les brèves strophes, composées en anglais et difficilement traduisibles dans la langue de Molière, sont destinées à rappeler l’évanescence des choses et de la vie.

 

Chaque composition est assortie de la signature du poète - alternativement patronyme en toutes lettres ou initiales - et enrichie d’un dessin, choisi entre six par la mémoire mécanique en fonction du deuxième mot écrit.

Au mot wisdom correspond le dessin de l’autoportrait de Pouchkine ; à memory celui des objets de l’écrivain, plume dans son encrier, lettre et chandelle allumée ; à sorrow un homme agenouillé aux pieds d’une femme pour un baise-main ; à passion un profil féminin ; à despair une jeune femme attablée, pleurant ; à desire un serpent qui butine une fleur.

 

Le graphisme reproduit celui d’Alexandre Pouchkine, transcrit par un admirateur russe. L’instrument d’écriture est une adaptation, dans un support spécialement conçu, d’une plume Caran d’Ache ultra-fine.

 

Le costume de l’androïde, dont les traits du visage s’apparentent à ceux de son modèle, est celui porté par un mondain russe durant le premier quart du XIXe siècle : chemise de soie blanche à boutons de nacre, cravate, gilet de soie brochée d’or, galonné de satin et agrémenté de boutons dorés, pantalon en flanelle de laine galonné de satin ainsi que redingote en panne de velours, le tout dans un camaïeu de brun. Cette tenue est complétée par des chaussures de cuir noir, un haute-forme et une canne à pommeau.

 Le commanditaire

 

L’automate Pouchkine est la commande d’un entrepreneur américain, fondateur de quatre startups de haute technologie dans la région de la Silicon Valley, en Californie.

 

Fasciné par le talent et la créativité des horlogers suisses du XVIIIe siècle et plus particulièrement par les androïdes écrivains, le commanditaire a décidé en 2002 de tenter de dépasser leurs créations en faisant construire, au XXIe siècle, un androïde écrivain purement mécanique qui intégrerait des idées du monde de l’informatique au métier traditionnel des maîtres horlogers du XVIIIe siècle. Pour l’automate Pouchkine, il a mis au point un programme qui permet de définir des règles d’harmonie pour les mots utilisés dans les poèmes, garantissant de la sorte que toutes les compositions auront un sens et seront agréables.

 Les différents protagonistes

 

La réalisation d’un automate tel que l’androïde Pouchkine exige le savoir-faire de plusieurs corps de métiers, la réunion de diverses compétences et talents. Outre le commanditaire, les personnes ayant participé au projet Pouchkine depuis 2003 sont les collaborateurs de l’atelier de François Junod ainsi que quelques personnes externes :

 

Atelier Junod

 

François JUNOD, automatier

Sabine CALDEROLI, sculpteur

Jack SUEUR, micromécanicien

Thomas ORTLIEB, micromécanicien

René CHAMPOD, finitions mécaniques

Robert JUNOD, dessinateur

 

Collaborations externes

 

Nicolas COURT, micromécanicien

Fabrice CALDEROLI, micromécanicien

Dzevad COHADAREVIC, pièces CNC

José LABARGA, dorage décoration

Fabienne ROTH, couturière

Victor SANCHEZ, perruquier

Bastien CHEVALIER, marqueteur

Maison CARAN D’ACHE, plume écriture

 

 

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